Journée internationale de la langue maternelle : immersion dans la communauté peule de Guinée
Dans le but de promouvoir la diversité linguistique et culturelle, l’UNESCO proclame le 21 février 2000, la journée internationale de la langue maternelle. Partout à travers le monde, des actions sont posées par les différentes communautés allant dans le sens de sa commémoration.

21 février, journée internationale dédiée aux langues maternelles. Il est de notre essor de la vivifier en parlant de nos langues maternelles, de l’importance qu’elles revêtent et surtout constater l’état alarmant dans lequel elles se trouvent de nos jours afin de pallier.
La langue maternelle : un facteur essentiel de socialisation
Le diagnostic révèle que beaucoup de peuls dans ma communauté, ne peuvent pas exprimer une phrase (sagarawol/kongol) en pular sans l’interférer avec le français ou bien les autres langues étrangères. Dans nos communications quotidiennes nous parlons plus du créole que du pular. En guise d’illustration, des interférences comme « problemji »; « paske »; « poosugol question »; telephonugol »; « partaajugol »; « publiugol »; « commentugol » etc sont beaucoup récurrentes.
Cependant, la langue maternelle est cette première langue que nous entendons et comprenons intuitivement lors des étapes primaires de la socialisation. La maman joue un grand rôle lors de cette phase d’apprentissage de la langue par le bébé, sans pour autant occulter l’environnement de l’enfant qui conditionne aussi ce facteur. Chez nous c’est le poular, certains le maninka, le sosso, le guerzé, le wolof, le haussa etc.

Rappelons, c’est un truisme de parler de l’importance de nos langues maternelles, de leur maîtrise dans la mesure où une socialisation parfaite est illusoire sans elles. Elles favorisent l’intégration au sein de la société, elles conditionnent l’éducation, l’appropriation des us et coutumes qui constituent une identité et un repère pour chaque communauté. Plus loin, la langue est un facteur déterminant l’apprentissage des autres langues à mon humble avis.
Une des vertus qu’offre la maitrise de la langue maternelle
Faire en sorte de la maîtriser te permet de t’exprimer partout sans crainte et en présence de n’importe qui, qu’ils soient des notables, des parents etc. Cela te permet d’aborder aussi n’importe quel sujet sans heurter à la sensibilité d’aucun. Parler de la sexualité, parler des sujets très délicats et utiliser des codes dans les conversations en présence de certains qui ne doivent pas saisir le sens de ce que nous voulons exprimer etc.
En guise d’illustration, tu peux dire : « Baaba en nebbam no moddi ka concol mo’on fewndo ka dote. » La forme polie et respectueuse de « Boɓi » en pular, c’est « dote / toolorɗe », « fesses » en français. À travers la maîtrise de la langue, tu peux parler de fesses sans heurter à la sensibilité de qui que ce soit. Des exemples à cet effet n’en finissent pas, il suffit juste d’avoir une certaine maîtrise de la langue pour cerner ces facteurs et devenir un grand orateur en pular et cela nécessite aussi ce que les autres langues exigent pour leur maîtrise.

Je ne suis pas parfait dans la maitrise du pular, je m’exerce comme d’autres. De ce fait, profitons de cette journée aussi pour une introspection profonde et sachons que chacun de nous à sa partition à jouer pour la vivification de nos langues.




























